Il faut sauver nos « gladiateurs » de la route!

Depuis l’origine de notre épreuve sur route de Saint Médard en Jalles, à la fin des années 80, notre comité d’organisation (le COCHS) à souhaiter ouvrir ses 10km à tous et donc aussi aux athlètes handisport fauteuil.

Il est vrai qu’au début dans les années 90, la course sur route fauteuil en était à son balbutiement.

Les rares épreuves, où les spécificités nécessaires du parcours et de l’organisation pour permettre aux athlètes handisport fauteuil de s’y exprimer pleinement, étaient marginales.

Les 10 km de Saint Médard en Jalles a donc fait partie des pionnières en ce domaine.

La qualité de l’organisation de la course reconnu par tous, le parcours très roulant, l’accueil spécifique et convivial des athlètes handisport, les aides, ont permis rapidement à notre épreuve de passer d’une simple course locale avec 2 ou 3 athlètes lors de premières épreuves, à une course de réputation nationale, puis internationale avec l’arrivée des espagnols, dans les années 2000.

Elle devint une des étapes incontournables de la Coupe de France des courses sur route de la Fédération Française Handisport (FFH), qui regroupait les  meilleures courses françaises de cette spécialité.

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Notre épreuve dénombrait régulièrement plus de une trentaine de participants, venant de toute la France, et hors de nos frontières comme en 2004 avec 35 partants. Point d’orgue l’organisation des Championnats de France FFH de 10km en 2007.

De très nombreux athlètes de hauts niveaux, membres de l’équipe de France, ont participé de nombreuses fois à notre épreuve.

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Parmi eux on notera notre recordman de l’épreuve, avec 20’35’’, Joël Jeannot, multi médaillé d’or aux Jeux Paralympiques et autres Championnats du monde.

Mais voilà, depuis les années 2010, une baisse des effectifs français des athlètes handisports fauteuil, et une chute importante de nos moyens financiers par manque de partenaires privés et institutionnels, ont contraint notre Comité d’Organisation à diminuer de façon significative le budget d’aide alloué spécifiquement aux athlètes handisport.

Le retour de nos partenaires financiers sur l’épreuve handisport de nos 10km est intimement lié au rayonnement de cette épreuve, par la qualité de ses athlètes et leur performance, mais aussi par le nombre et la diversité de ses participants. Comme pour l’épreuve valide ce 10km doit avoir son pourcentage d’élite, de jeunes, de féminines.

Le spectacle est là, et nous nous chargeons d’organiser la représentation.

Mais pour cela il faut des acteurs,  ils existent mais il faut les aider à s’exprimer.

Il est absolument nécessaire de sauver cette épreuve pour que nos « guerriers de la route » puissent exprimer pleinement leur talent et nous fasciner.

Que cette épreuve est magnifique, quand l’athlète faisant corps avec sa machine « boxe » sa main courante pendant 10km pour faire voler son fauteuil,  son « chariot de feu », à plus de 25 ou 30km/h de moyenne.

Pour citer Denis LEMEUNIER (athlète de haut niveau, international, acteur de nombreuses de nos épreuves et formateur au sein de la FFH) dans un article de 2013 sur l’avenir de l’athlétisme fauteuil  en France, il dit : « …Pour les jeux de 2016, c’est déjà trop tard…mais si on manque le rendez-vous de 2020, qui est à mon sens le dernier virage à ne pas manquer, là, je serais très inquiet pour l’athlétisme-fauteuil en France».

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On est déjà en 2016, alors il faut mettre tous les moyens pour que cette échéance de 2020 soit la plus positive possible. Pour cela il faut tous se mobiliser, Organisateurs de courses, instances Fédérales, Clubs, Entraineurs, Médias, Partenaires et bien sûr athlètes anciens et nouveaux.

Pour promouvoir cette discipline, pour qu’elle soit et reste le fer de lance, l’emblème de l’handisport, et qu’elle continue encore longtemps à nous faire vibrer.

Cet article a été publié le mercredi 3 février 2016.